- En ce moment
- Ajouter aux favoris
Du 31 janvier au 8 février dans toutes les salles de Clermont-Ferrand
Quelle est actuellement la plus grande différence entre le court et le long métrage ? Bien plus que la durée : les enjeux financiers. Moins de pression, plus de liberté. Le plus grand festival de court métrage au monde met à profit cette liberté de création pour s’engager politiquement, artistiquement et économiquement.
👉Toute la programmation
Après la place des femmes en 2024, Sauve qui peut le court métrage met à l’honneur un sujet d’actualité brûlant : le Liban. Ce focus permettra à chacun de se connecter avec des réalités d’un pays vu de l’intérieur, et non plus déformées par le flux médiatique accompagnant désormais tous les conflits de par le monde. Le 7e art sera au centre d’une rétrospective consacrée au son, dont l’importance est très souvent sous-estimée dans les œuvres cinématographiques. Enfin, le Marché du film dont on célèbre cette année le 40e anniversaire permet, toujours et encore, de soutenir l’économie fragile du court métrage.
Le bruit court : le son fait 50 % de l’image
Comme le disait Alfred Hitchcock : « Le son fait 50 % de l’image. » Dès ses débuts, les pionniers comme Léon Gaumont cherchaient à synchroniser les images avec le son. Dolby Atmos, DTS : X, Auro 3D… Aujourd'hui, même si le son ne représente qu'une petite part des coûts de production, il est devenu essentiel à l’expérience cinématographique. Pour vous en convaincre : imaginez 2001 l'Odyssée de l’espace, Casino ou Pulp Fiction sans la bande sonore ! Cette rétrospective est une invitation à redécouvrir le cinéma à travers le prisme du son, un univers où chaque bruissement devient un acteur clé de l’histoire. Elle met à l’honneur bruiteurs, perchmen, ingénieurs du son et field recordists qui transforment les bruits en une véritable matière narrative et façonnent les ambiances qui enveloppent l’image. Deux autres événements devraient passionner les amateurs de musiques de cinéma : le dispositif d’immersion sonore inédit mis au point par Radio-France, installé à La Comédie de Clermont, et le concours de l’OST Challenge à l’Opéra-Théâtre où les musiciens de l’Orchestre national Auvergne-Rhône-Alpes interpréteront en direct les créations musicales des candidats sur des courts métrages.
Le Marché du film
- 8 000 nouveaux films consultables à la vidéothèque pro
- 3 900 professionnels
- 812 producteurs
- 90 acheteurs
- 160 distributeurs
- 398 festivals
- 122 exposants
- 80 rencontres pros
- 142 films réalisés après passage à Euro Connection
Liban :
un cinéma d’une incroyable vitalité
Comment un pays dévasté par la guerre, à peine plus grand que deux départements français, dont la monnaie a perdu 95 % de sa valeur et où 82 % de la population vit sous le seuil de pauvreté parvient-il a produire autant de films ? En dépit de tous ces obstacles, le septième art libanais parvient à garder une vitalité étonnante. Pour preuve, les trois programmes du focus qui illustreront toute la force créative du cinéma libanais où chaque réalisateur, pétri de ses propres expériences et références, souvent ballotté entre deux pays, brasse cultures et idées. Un programme complet sera entièrement dédié à Wissam Charaf. Réalisateur et reporter de guerre pour Arte, auteur de documentaires et de deux longs métrages : Tombé du ciel, sélectionné à Cannes dans la section Acid et Dirty, Difficult, Dangerous, il a été primé à Clermont avec deux de ses courts métrages : Souvenir inoubliable d'un ami et Et si le soleil plongeait dans l'océan des nues. Pour en savoir plus sur son engagement et son processus de création, Wissam Charaf sera présent sur le festival pour une masterclass.
Mais aussi….
Hormis ce focus, d'autres propositions permettront de se familiariser encore plus avec ce pays : un programme Jocelyne Saab, réalisatrice de 30 documentaires sur la guerre primés dans le monde entier, Letters, série de 17 courts métrages où les cinéastes libanais partagent leur désarroi face aux violences à Gaza et le fameux Décibels ! pour découvrir les musiques préférées des Libanais. Notons encore des podcasts qui retracent l'histoire de la guerre du Liban, un ciné-concert ambient-noise de Nadia Daou (Nâr) au Dark Lab (ex Petit-Vélo), le lieu de rendez-vous des festivaliers et une exposition de Lara Tabet, par ailleurs membre du jury labo, à l'Hôtel Fontfreyde (voir encadré).
Lara Tabet :
une fusion rare entre art et sciences
Née au Liban, aujourd’hui installée à Marseille, Lara Tabet est médecin biologiste de formation et artiste par vocation. Son travail se situe à l’intersection entre l’art, l’écologie, les sciences biomédicales et la politique. IRM d’organes internes, vues satellitaires de banquises sur Google Earth, micro-organismes aquatiques qui interagissent avec la surface photosensible du film… Les photographies de son exposition intitulée Extended Spectrum (spectre élargi), complexes, énigmatiques et fascinantes, sont comme autant d’invitations à questionner la manière dont nous percevons le monde.
Du 3 février au 29 mars à l'Hôtel Fontfreyde – Centre photographique